Le salon des personnages

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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Mer 2 Aoû - 15:45

    Spoiler:
    Je veux bien que tu relances.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Gina M. le Mer 2 Aoû - 16:27

    Spoiler:
    Yep, ça me va de poursuivre aussi, en plus là j'ai du temps, mais ne te force pas si ça coince ou ne vient pas tout de suite :)
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Mer 2 Aoû - 18:38

    Spoiler:
    Je suis pour relancer! Je vous suis!
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    groskrox
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Jeu 3 Aoû - 16:40

    Yunna s’amusa de la naïveté de Tristan.

    Yunna : Et vous n’avez pas l’air très lourd en plus, un bon point pour mes petits biscotos. (Elle hausse les épaules et sourit à la question à de Tristan à propos de la Russie) Je n’en sais rien, ça n'a pas grande importance le pourquoi à mes yeux. Je ne me pose pas autant de questions que vous ! Mais j’espère que votre rêve se réalisera. On ne sait jamais ce que le sort nous réserve.

    Yunna songea à la remarque de Dante à propos des prothèses. Elle n’y avait jamais réfléchi non plus, mais fut étonnée que Dante lui demande son opinion. Lui-même connaissait certainement mieux la situation qu'elle.

    Yunna (se grattant la tête, les yeux plissés): ça n’est pas très commun vous savez, mais celles que j’ai connues dansent avec leurs prothèses. Ce serait un peu plus difficile de danser avec une seule jambe pour supporter tout son corps, vous en conviendrez (elle fait un clin d’oeil à l’attention de Dante). Je ne sais pas si je puis comparer ma prestation avec la leur. Le corps sait s’adapter. Beethoven a écrit de merveilleuses compositions tout en étant sourd. (elle jette un coup d’oeil à sa prothèse). M'est avis que vous savez tout cela bien mieux que moi !

    Yunna rit à l’anecdote de Dante.

    Yunna : Eh bien, vous vous êtes amusés jusqu’à ce que cela ne vous intéresse plus, quoi de plus normal ? J’aurais fait la même chose. Si c’est ennuyant, pas de temps à perdre ! Et je ne vous trouve pas suffisant. (un petit sourire narquois) Grognon, oui, mais pas suffisant.

    Yunna appréciait la joyeuse humeur d’Enora. Elle ne manqua pas de remarquer que celle-ci ne l’avait pas repoussée quand elle avait tenu sa main. Elle n’y vit cependant qu'une affection innocente. ”Elle ressemble à une enfant”, pensa-t-elle. ”Mais sans la morve au nez et les baragouinements”.

    Yunna (agitant les mains comme si elle regardait dans une boule de cristal) : Je crois que je serais une très mauvaise Mme Irma, vous savez. Je ne lirais les lignes des mains que pour donner des messages heureux, les gens trouveraient cela ennuyeux ! Et puis, j’oublierais de leur demander de payer et je finirais endettée jusqu'au cou. Au mieux, je puis dire que votre sourire est très charmant !
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Ven 4 Aoû - 21:08

    Son regard rivé sur l'instrument, l'oreille de Cassandre était distraite aux indications de Lénius, toute entière à la magie de la musique. La petite fille ne put retenir un rire aux premières notes tirées de la lyre et lança un regard à la fois émerveillé et plein de fierté à Salomé qui était restée auprès du musicien et de sa fille. La rousse tenait dans ses mains le doudou de son enfant et l'encouragea de quelques paroles bienveillantes. Le regard de Dante avait glissé vers sa femme et sa fille alors qu'arrivaient les réponses de Tristan et Yunna. Le contrebandier sursauta, presque surpris d'entendre les deux voix à ses côtés. Voir sa fille dans cet instant de découverte, de joie, sans inquiétude immédiate pour venir assombrir ce moment avait suffit à le distraire. Son regard s'accrocha un instant à celui de Salomé. Ils n'avaient pas à parler c'était un plaisir similaire et une affection toute aussi partagée qui les comblaient en cet instant. Dante rompit en premier cet échange, laissant son regard bleu et plus appaisé que quelques heures plus tôt lorsqu'il avait vu tous ces étrangers entrer, se poser sur Tristan.

    Dante ( s'éclaircissant la gorge dans un toussotement et croisant sur son torse ses bras): il travaille surtout sur des prothèses...mais je suis certain qu'il aimerait l'idée. Aider un artiste à aller plus loin dans la pratiqie de son art... Pour Erhinn rendre la mobilité et l'autonomie à ses clients est le plus important. Les défis techniques ne lui font pas peur. C'est une manière comme une autre pour tenter de réparer les erreurs des siens...

    Le barman caresse pensivement sa barbe, ne sachant si cela est nécessaire d'aller plus loin. Heureusement pour lui, la réponse de Yunna arrive et il y répond dans un haussement d'épaule.

    Dante: le corps a des capacités d'adaptation que ne partage pas toujours l'esprit... Qui est Beethoven?
    ( à la dernière remarque de la danseuse, le brun bourru, réprime difficilement un sourire) Je vous l'accorde pour le grognon... Pour ce qui est de la suffisance certaines expériences douloureuses aident à la faire passer.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Mer 16 Aoû - 19:07

    Spoiler:
    Ce serait totalement le numéro de claquettes de Yunna :)
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Gina M. le Mer 16 Aoû - 20:44

    Spoiler:
    J'adore ! Et cette musique russe / tzigane <3
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Sam 14 Juil - 15:52

    Spoiler:
    Je relance, et on va dire qu'il n'y a plus personne et que c'est la réouverture estivale ~

    Deux cavaliers cherchaient un abri pour la nuit lorsqu'ils arrivèrent devant l'enseigne de la pension Woodbury. Celui qui montait un cheval noir mis pied à terre le premier et porta assistance à son compagnon de voyage qu'une blessure réouverte rendait plus lent. Ils poussèrent ensemble la porte du salon.
    Celui qui montait un cheval noir portait un costume usé, rapiécé par endroit. Ses cheveux longs et noirs étaient retenus emmêlés dans un chignon qui donnait à son visage fin des allures féminines (quoique la largeur de son front et l'aspect osseux de ses orbites ne lui permettent pas d'être tout à fait androgyne d'apparence). Il est grand, mais sa posture voûté, ses épaules et ses pieds rentrés en dedans gâche sa stature et lui confère un aspect timide et maladif. Ses yeux d'un bleu si clair qu'il semble que la lumière les effacent cherche dans la salle une présence et une aide, alors qu'il aide le second cavalier à s'assoir, le déchargeant de l'étui de son violon et ôtant de son dos son propre chargement atypique : un sac noir et un large tambour.
    Celui qui s'est affaissé dans un fauteuil près du feu fronce péniblement les sourcils en extirpant d'une poche, cachée sous une sorte de vaste pancho grisâtre, un étui à cigarettes. De son autre main, il ôte le chapeau de cuir au large bord qui recouvrait son crâne poussiéreux. Une barbe épaisse et sale lui mange le visage et donne à ses yeux d'ambres une intensité douloureuse et presque effrayante. L'air d'un fou, d'un démon chassé ou d'un ange fanatique. Le briquet entre ses doigts allume une cigarette sur laquelle il tire comme un noyé.


    Le premier dit : Je vais voir s'il y a quelqu'un.

    Le second grogne pour toute réponse et repose une main sur son côté. Il sent, sous les tissus du voyage, la tiédeur de son sang.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Sam 14 Juil - 16:36

    Malgré les volets encore fermés, le jour baignait de sa paleur la chambre, éclaircissant les ombres en des teintes cendrées. Le lit qui mangeait la plus grande part de la pièce était entouré d'une armoire, d'un chevet et de trois larges sacs de voyage qui n'avaient été qu'entre-ouverts et pas encore défaits. Sur le matelas, trois silhouettes s'étaient effondrées sous la fatigue d'un long voyage et dormaient maintenant depuis quelques heures. Deux adultes reposaient là, un homme et une femme, et entre eux une silhouette enfantine serrant sa peluche. Ce fut lui qui le premier ouvrit les yeux lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit. Le repos n'avait suffit à effacer les cernes creusant son regard d'un bleu oscillant vers le gris d'une mer agitée. Ses sourcils bruns se froncèrent dans une expression de méfiance que seul un véritable sommeil parvenait à défaire, tout comme les rides encores légères marquant son front. Il passa rapidement une main sur son visage. laissant la peau de sa paume gauche courir le long de son nez qui avait du etre droit avant d'être fracturé, puis sur des joues rongées par une barbe brune qui allait jusqu'à masquer une lèvre supérieure épaissie par une cicatrice peu gracieuse. Comme si ce contact l'avait pleinement réveillé il se redressa et attira sur lui le regard de sa compagne.

    Dante (dans un murmure): Je vais voir ce qu'il se passe en bas.

    La femme acquiesça et lui lança un long regard comme un avertissement silencieux. L'homme acquiesça à son tour comme pour la rassurrer avant de se pencher pour embrasser son front. Puis, apres un regard pour leur enfant, quitta leur couche.

    S'ils s'étaient écroulés de fatigue sans meme prendre la peine de se changer, l'homme du se rechausser. Lorsqu'il eut fini, il se saisit à l'aide de sa main droite faite de métal et d'une mécanique de précision, de l'arme laissée sur le chevet. Il la coinça dans le dos de son pantalon avant de repasser par dessus une veste en toile épaisse. Il ne se retourna pas et quitta silencieusement la chambre avant de rejoindre l'escalier puis le rez de chaussée. Bientôt il poussa la porte derrière le comptoir du bar qui menait aux étages et découvrit dans un grognement suspiscieux les deux étrangers. Les yeux plissés par la lumière plus forte qui emplissait le salon, il les toisa un instant.


    Dante (d'un ton sec): Je peux vous aider?
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Sam 14 Juil - 16:54

    Armaël, l'homme au chignon et au costume usé, entend l'homme arriver et s'approche du bar, y posant ses longues mains de pianiste écorchées. La violence qui émane de l'aubergiste et sa méfiance presque agressive le font cependant reculer d'un pas. Comme deux ailes, il replie ses bras dans son dos. Il remarque le bras mécanique, devine le moment où la chair a été arrachée. Il attend un instant que la sécheresse du ton qu'on lui adresse disparaisse dans l'air pour demander d'une voix qui ne sait que chuchoter :

    Armaël : Nous cherchons une chambre pour couper le voyage. Et si vous aviez du fil, de l'alcool blanc et une aiguille, nous y trouverions une utilité. Mon frère est blessé.

    Le frère en question achève de consumer sa cigarette et en écrase le mégot dans un cendrier.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Sam 14 Juil - 17:42

    .Le regard de Dante glisse de l'homme au chignon vers celui qui fume dans un des fauteuils en cuir du salon. A son teint quelque peu blême, sa main sur son flanc, Dante sait qu'il va devoir aller chercher Salomé. Il ne sait rien des compétences médicales de son interlocuteur, mais sa femme ne lui pardonnerait pas de ne pas l'avoir laissée soigner une personne blessée sous leur toit. Avant qu'il n'ait le temps de répondre, une voix s'élève derrière lui

    Salomé (attrapant une trousse de médecin derrière le comptoir): Je vais m'en occuper. Quel type de blessure a votre frère?

    La jeune femme contourne le bar. Ses boucles rousses dansent autour de ses épaules pales qu'une chemise blanche trop grande camouffle. Sans plus un mot elle rejoint le blessé.

    Dante l'aura suivi du regard. La méfiance anime toujours ses pupilles mais il se racle la gorge et se force à reprendre plus doucement
    .

    Dante: Vous pouvez prendre la première chambre à droite en haut de l'escalier. Il y a deux lits. Evitez de faire trop de bruit. Ma fille dort au même étage.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Sam 14 Juil - 18:08

    Armaël observe la femme rousse comme si elle était pour lui un fantôme familier. Il essaie de se souvenir d'un rêve, a-t-il déjà vécu ce moment ? Connu cet endroit ? Son attention se raccroche à Dante lorsque celui-ci lui parle d'une chambre, de ne pas faire de bruit et d'un enfant. Il doit dire cela pour le tambour.
    Armaël hoche la tête en signe de remerciement, et retourne vers son frère.


    Caleb, car c'est son nom, se redresse à l'arrivée de la rouquine. Le regard méfiant de Dante ne lui échappe pas. Mari et femme, une fille. Il y aurait sans doute de quoi se montrer nerveux. Mais pour des aubergistes, l'accueil est tout de même assez tendu. Ils ont à craindre, leurs traits fondent de fatigue et ne semblent tenir que de nerfs. Voilà qui promet un séjour original.

    Caleb, répondant à Salomé quant à la nature de sa blessure : Griffure de tigre.

    Quitte à être original, autant y aller jusqu'au bout. Il ajoute sur le ton d'une convenable conversation :

    Caleb : Hormis sa faune, la Ninésie est une belle contrée.

    Se disant, il se défait de son pancho, déboutonne la veste puis la chemise qui couvrait la peau tatouée de son torse. La diversité des techniques et des symboles ancrés dans sa peau, que sa musculature sèche souligne, laisse deviner les voyages dont il est revenu. Et sur son flanc s'allongent trois déchirures, qui ont été couvertes d'onguents, en partie recousues, et dont les points ont cédés à force de chevaucher.  
    Armaël guette un instant, sur le visage de Salomé, son diagnostic. Puis il se saisit des sacs, du tambour et de l'étui à violon pour les monter dans la chambre que lui a indiqué Dante, silencieux comme une ombre.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Sam 14 Juil - 20:36

    .Aux côtés de Caleb, Salomé ne laisse apparaitre ni surprise ni inquiétude à l'annonce de la blessure. Elle a vu suffisamment de chaires arrachées, déchiquetées ou écrasées pour ne pas craindre une griffure de tigre. L'homme a encore la force de faire de l'esprit et lorsqu'elle voit la plaie à nu, elle ne laisse guère plus d'émotion filtrer sur son visage de porcelaine

    Salomé (ouvrant sa trousse et cherchant un anesthésiant de contact): Et qu'avez-vous fait à ce gros chat pour qu'il s'en prenne à vous? Vous le chassiez peut-être? (Pour rassurer son patient et son frère, elle ajoute) La plaie a été bien nettoyée la première fois... Si vous étiez resté sage, aucun doutes que les points auraient tenus, attention ça va piquer (elle appose un cotton imbibé d'anesthésiant) Je vais vous recoudre, mais vous devrez rester tranquille quelques jours...

    Salomé sort du fil et des aiguilles qui sont encore hermétiquement emballées : - Que signifient vos tatouages?

    La jeune femme n'aura pas manqué d'en apprécier le tracer et l'esthétique meme si elle préfère ceux qui couvrent le torse de Dante et qu'elle pourraient dessiner encore et encore de mémoire.

    Derrière elle d'ailleurs, Dante sera monté à la suite de son nouveau client pour surveiller les faits et gestes de ce dernier à l'étage où dort leur fille.


    Dernière édition par Salomé Wilde le Dim 15 Juil - 8:56, édité 1 fois
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Sam 14 Juil - 23:04

    Caleb observe les gestes de Salomé et son calme, alors que son visage ne laisse paraître aucune gêne ou douleur lorsqu'elle s'attaque à ses soins.

    Caleb : Je ne le chassais pas. Mais il a bien fallu qu'il finisse mort pour que je finisse en vie. Nous sommes sans doute passés trop près de son territoire. (Il sourit en entendant "rester sage") La sagesse... Je préfère miser sur d'autres qualités que celle-ci dont je suis de toute évidence dépourvu.

    Puis, il grimace en entendant parler de quelques jours de convalescence. Il se met à parler vite, sans doute à lui-même.

    Caleb : En ce cas, il faudra que j'écrive à mon frère, un autre, le premier. Pas que je manque à son amour, mais à ses ordres.

    Il gratte ses cheveux emmêlés et tout juste bon à raser. C'est ce qu'il faudra faire ensuite, raser cette barbe et ce crâne. Il revient à lui et aux tatouages que Salomé regarde.

    Caleb : Tous essaient de me garder en vie. Ce sont différents signes de protection. Pour ma culture personnelle.

    Armaël est mal à l'aise de se sentir suivi et observer avant tant de méfiance. Il voudrait se soustraire à ce regard, mais ne voit pas comment. Peut-être devrait-il dire quelque chose, et se présenter ? Il n'ose pas, parler n'a jamais été une réussite pour lui. Il pousse la porte de la chambre et y dépose silencieusement leurs affaires. C'est une pièce simple et confortable. Cela fait longtemps qu'il n'a pas vu de lit. En redescendant, il prend son courage en mains et, d'une voix toujours aussi douce et difficilement audible, il dit à Dante :

    Armaël : C'est gentil à vous de nous permettre de rester... (Il hésite et ne voit pas comment s'introduire) Je m'appelle Armaël, et mon frère et moi revenons d'un long voyage. Nous rentrons à Primaël maintenant, pour l'anniversaire d'un de ses fils.

    Il espère que ces quelques détails permettront à l'aubergiste de se sentir rassurer.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Dim 15 Juil - 9:16

    Si le visage de Dante ne se détend pas aux paroles d'Armaël, il répond cependant d'une voix rauque mais bien moins agressive que précédemment.

    Dante (en poussant la porte ramenant derrière le comptoir et laissant Armaël entrer en premier dans le salon): Je m'appelle Dante et ma femme Salomé. Vous pouvez aussi longtemps que cela sera nécessaire pour le rétablissement de votre frère. (Il marque une pause, cherche un instant le regard de Salomé puis reprends) Vous devez vouloir boire ou manger quelque chose. Dites moi ce qui vous ferait plaisir. Pas quelque chose de trop sophistiquer...mes talents de cuisinier ne sont pas des plus reconnus...

    Auprès de Caleb, Salomé ne peut retenir un sourire amusé à la remarque de son homme.

    Salomé (se retournant vers Armaël): Ne vous fiez pas à sa modestie, il est bien meilleur qu'il ne le dit et de toute façon pour votre survie à tous les deux, il vaut mieux que ce soit Dante qui cuisine!

    La rousse reporte son attention sur Caleb et commence à suturer la plaie à vif. Le geste est précis et rapide.

    Salomé: Il va falloir être sage ou je vous assigne mon mari comme garde malade. Il faudra retirer les points dans une dizaine de jours. Cela vous laissera une cicatrice... Moins esthétique que vos tatouages. Je vous apporterai de quoi écrire si vous le souhaitez. Vous pourrez prévenir ce frère auquel vous ne manquez guère. (Cédant à sa curiosité, Salomé ajoute) Vous venez d'une famille nombreuse? (Puis à propos des tatouages) J'ai toujours trouvé cela facinant les pouvoirs que l'on attribue à cette encre sous la peau.

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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Dim 15 Juil - 18:07

    Deux jeunes femmes éméchées rentrent dans le bar. Le claquement de leurs escarpins les précède ; elles rient, chantent et babillent, tout cela en même temps. La première est pâle comme la mort, mais inspire la vitalité à travers sa démarche lascive, sa robe écarlate et même le mouvement agité de ses boucles rousses. La seconde, plus petite, mais non moins énergique, porte un tailleur gris qui lui donne cet air sérieux qui ne correspond pas à au visage heureux qu’elle arbore. On aura remarqué son visage rond, presque jaune et le plis épicanthique qui marque ses yeux.
    Les deux femmes s’accoudent au bar sans se soucier des personnes déjà présentes. Celle à la robe rouge regarde de l’autre côté en espérant attirer l’attention d’un serveur, mais n’en remarque pas. Ses yeux s’arrêtent sur Caleb et l’observent, le dissèquent, le dépècent. Elle suit avec envie ses courbes musculeuses, ses cicatrices et ses tatouages, puis redescend vers son entrejambe sans honte, ni pudeur. Elle s’en mord même la lèvre inférieure.


    Amy (un léger signe de tête vers Caleb et Salomé) : Regarde-moi ça. On dirait que la fête a pris un tournant plus chaud par ici.

    Elle n’a pas remarqué Dante et encore moins Armaël. L’autre jeune femme se tourne vers Caleb à son tour. Son regard s’attarde aussi sur le tatouage et elle ne déprécie pas ce qu’elle voie, mais remarque rapidement la blessure dont Salomé s’occupe et s’alarme.

    Heather : Ca a l’air de faire mal. Vous voulez qu’on appelle les secours ? J’ai mon portable sur moi, je…

    Amy pose une main à la fois rassurante et autoritaire sur l’épaule d’Heather.

    Amy (d’une voix suffisamment forte pour qu’on l’entende) : ils ont l’air de savoir ce qu’ils font, n’est-ce pas ? (s’adressant plus à Caleb qu’à Salomé) Vous avez besoin d’aide ?

    Un sourire cruel mange le visage d’Amy, il est difficile à vraiment interpréter.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Dim 15 Juil - 20:08

    Caleb ne frémit pas, ne contracte aucun muscle alors que Salomé pique, tire et recoud. Il poursuit la conversation sur le ton le plus dégagé du monde :

    Caleb : Je peux promettre de faire un effort, je ne voudrais pas vous le soustraire. (Il sourit, à propos de la cicatrice) Ça ne sera pas la plus laide ni la dernière. Elles racontent tout autant d'histoires que les tatouages, après tout. Peut-être aurai-je du être un livre.

    Il acquiesce en signe de remerciement, lors qu'elle lui propose de lui fournir de quoi écrire.

    Caleb : Nombreuse oui, mais ma fratrie n'est pas si vaste. Deux frères. Certains diront que c'est bien assez, et je serai plutôt d'accord. Drôle de chiffre le trois. Il y en aura toujours deux contre un. (Répondant à sa curiosité) Et vous même ? J'ai l'impression que vous êtes l'aînée, aller savoir pourquoi.

    Armaël acquisse poliment lorsque Dante propose de cuisiner pour eux.

    Armaël : Peut-être avez-vous du sencha ? Pour le menu, quelque chose sans sauce, de préférence. Avec ce que vous avez.

    Il incline humblement le buste pour remercier leur hôte, c'est une habitude maintenant bien acquise, un geste qui rend à son corps voûté et maigre une élégance altière et touchante.
    C'est alors que deux femmes entrent à leur tour dans le salon. Immédiatement, Armaël se tend. Ce qui perçoit de la nouvelle rousse ne lui plaît pas. Il sent autour d'elle naître un déséquilibre que nourrie une violence qui ressemble à celle de Nylian, ou à celle de la sorcière. Elle a un regard qui dévore pour Caleb, cela ne lui échappe pas. C'est comme une mémoire. Alors il tente de s'interposer, lui tourne le dos, et lui cache la vue.


    Armaël, à Salomé, dont l'agilité et la précision des gestes l'impressionne : Vous êtes médecin ?

    Il se demande si c'est elle qui a soigné le bras de Dante.

    Caleb aura quant à lui coulé un bref regard aux nouvelles venues, mais l'insistance d'Amy ne tarde pas à l'agacer. Il y a des gens chez qui le corps est trop proche, et d'autres chez qui il est trop réel. Se méfier de ceux-là. Il lui rend son regard, et c'est un regard de dragon, un regard qu'il a appris par cœur à force d'être étouffé par lui. Platement, sans émotion ; simplement des yeux, trop réels, qui parlent de capture et de contention, qui promettent d'ouvrir et de se servir. Il sait, qu'il a l'air d'un fou, ses cheveux et sa barbe, encadrant ce regard, peignent une sauvagerie dénaturée et perverse qui n'est pas la sienne. Car l'océan, lui, n'est jamais cruel, toujours au delà : il est libre. Puis comme une chute, c'est un sourire, le plus avenant du monde, le plus charmant qu'il soit, qui glisse jusqu'à Heather.

    Caleb : Ne vous en faîtes pas mademoiselle. Je connaîtrai bien pire, et ce soir, j'ai la chance d'être entre de bonnes mains. (A Dante) Mon ami, pourrai-je vous demander un rasoir ? Je m'en voudrait de transmettre des poux à votre fille, le temps que durera mon séjour.

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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Dim 15 Juil - 22:04

    Salomé est sur le point de finir de recoudre la première plaie laissée par la griffure. L'attitude stoïque de Caleb est une aide précieuse pour un travail rapide et propre. Si cicatrice il y a, elle ne devrait pas être des plus disgracieuse, songe-t-elle, du moins pas plus que certaine qu'elle a pu laisser sur ses anciens compagnons de bord ou sur Dante.

    Salomé (dans un sourire bien qu'elle ne quitte pas du regard son ouvrage): C'est aimable à vous de bien vouloir me le laisser. (La remarque sur le livre élargit son sourire) Pourquoi ai-je le sentiment que si vous étiez un livre vous seriez le récit de voyage d'un explorateur? Peut-etre meme y aurait-il un passage sur un tigre un peu entreprenant.

    Salomé s'écarte un instant de son ouvrage pour replacer du revers de la main une mèche qui a glissé sur ses yeux.


    Salomé (dont la bonne humeur semble quelque peu émoussée par la dernière remarque de Caleb): Vous avez vu juste. J'étais l'ainée. Mon frère est mort il y a treize ans... C'était une autre vie.

    Derrière le comptoir une ombre sera passée sur le regard de Dante à l'évocation de Noah. Il baisse les yeux, comme si avec le souvenir du frère de Salomé venait peser sur lui une culpabilité un temps oublié. Il acquiesce pour le thé d'Armaël et commence à chercher une theière derrière son comptoir. Il n'a rien de plus à dire. A l'arrivée des deux jeunes femmes, son regard change. Les deux hommes l'inquiétaient, les deux femmes l'agacent. Quelque chose dans l'attitude de la rousse ne lui plait guère. Il lui semble qu'elle annonce une agitation dont il se serait bien passé.

    A la remarque d'Armaël, Salomé hoche la tête.

    Salomé (retrouvant un ton plus neutre): Oui. Depuis plusieurs années maintenant.

    Dante: Ce n'est pas juste un médecin. C'est le meilleur que je connaisse.

    Les joues de Salomé prennent quelques couleurs à la remarque de Dante. Elle se retourne et n'a pas besoin de mots pour savoir que Dante le pense sincèrement. Son regard suffit. Elle lui sourit, puis reprend son ouvrage sans vraiment se soucier des deux jeunes femmes.

    Dante (à Caleb): Je vous en mettrai un dans votre chambre. Il y a une douche au fond du couloir si vous souhaiter vous laver après votre voyage.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Dim 15 Juil - 23:26

    Spoiler:
    Pardon, j’ai pas totalement compris ce que fait Armaël. Il obstrue la vision d'Amy ? J'ai fait comme si, mais si ce n’est pas cela, je corrigerais.

    Amy est amusée de l’effet qu’elle produit et dont elle est consciente. Qu’elle inquiète, qu'elle horripile, qu’elle dégoûte, tant qu’on la voyait, ça lui suffisait. Elle finit par remarquer Armaël lorsqu’il entrave son champ de vision d'une manière qu'elle trouve inconvenante. Elle lui apparaît plus comme une nuisance et éprouve même du dédain à son encontre, mais ne l’exprime pas à voix haute. Au contraire :

    Amy : Oh, regarde, celui-là n’est pas mal non plus. (sur un ton faussement envoûté) Que de beaux garçons ici, on aurait dû venir plus tôt.

    Malgré son compliment, Amy n’en pense pas un mot à l’encontre d’Armaël. En vérité, il est le seul des trois hommes avec qui elle ne s’est pas imaginée coucher. Heather répond d’un rire sincère, sans doute à cause de l’alcool, mais s’excuse quand même pour Amy :

    Heather : on a trop bu, je crois. Faut l'excuser si elle est trop directe.
    Amy : des deux, tu as l’air d’être la pire !

    Heather ne le nie pas et pose la tête sur l’épaule d’Amy. Le geste se veut amical, mais Amy s’est quand même figée une fraction de seconde. Heather observe timidement Armaël. C’est vrai qu’il était beau. Elle ne l’avait pas bien vu de face, mais elle aime la fragilité qu’il dégage, il n’a pas l’air comme les autres garçons. Elle sourit même un peu à l’idée de l’aborder. Elle n’ose pas, elle aurait trop peur de le casser ou de lui faire du mal.
    Amy entend Caleb demander de quoi se rendre présentable et répond :


    Amy : quel dommage, ce look un peu sauvage, ça vous allait si bien. Faites attention à ne pas couper un si joli visage avec le rasoir (elle insiste particulièrement sur ce dernier mot). Heureusement que nous avons cette ravissante jeune femme pour s’occuper des éventuelles coupures.


    Dernière édition par groskrox le Lun 16 Juil - 11:36, édité 1 fois
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Lun 16 Juil - 11:09

    Spoiler:
    Oui, c'est bien ça, Army lui bloque la vue. Par contre, Cassandre n'est pas encore présente dans la pièce, elle dort à l'étage.

    Un certain sourire tendre peut se lire sur le visage de Caleb : c'est ce que lui évoque la discrétion et la douceur de Salomé. Elle ne lui rappelle personne, et pourtant, c'est un peu comme cela qu'il imaginait sa mère lorsqu'il était enfant. Une femme qui aurait eu ce sourire pour son père, ses frères et lui. Mais il ne le pense pas ainsi.

    Caleb, à propos du livre qu'il serait : Certainement car vous êtes une observatrice attentive et sans doute une lectrice chevronnée. Du moins sur les chairs, où vous corrigez les syntaxes bancales et les élans trop lyriques avec un sincère talent. Je suis certain que le passage du tigre sera, à terme, l'un de mes préférés. (Son visage cependant s’assombrit après ces badineries) Je vous présente mes excuses et mes condoléances pour ce frère et cette autre vie. Je m'en voudrait de les déranger davantage.

    Cette autre vie ne semble pas si lointaine pour ce couple. Elle se répand entre eux, et le souvenir comme une vague semble frapper le visage de Dante. Il hoche simplement la tête lorsque Dante lui indique la douche et lui confirme le prêt d'un rasoir.

    Armaël, écoute la conversation entre son frère et Salomé. Si son visage n'exprime toujours aucune émotion identifiable, il partage cependant le sentiment de son frère. Il a d'autant plus de respect pour cette femme médecin que son humilité le touche, et le réconforte. Il hésite, mais finalement ne dit rien.
    Il ne dit rien non plus lorsqu'il entend Amy rire de lui dans son dos. Il entend bien l'intention, mais ne l'écoute pas, ne se retourne pas, ne se déplace pas. Il ne se ferme pas, mais s'échappe dans son indifférence de statue. Elles sont ivres, oui, peut-être. Mais il n'y a pas que cela. Il voudrait le dire à Caleb.


    Ce dernier a un rire bref lorsqu'Amy s'inquiète de son look.

    Caleb : C'est aimable de vous en souciez ! Si vous aviez moins bu, peut-être vous aurai-je demander votre assistance pour cette tâche périlleuse. (Il soupire théâtralement) Je vais devoir faire confiance à mes seules mains et quelques vingt années de pratique pour ne pas infliger plus de travail que nécessaire à notre hôtesse.

    Armaël l'interrompt en laissant tomber quelques mots agacés de sa bouche.

    Armaël : Ils ont du sencha.

    Caleb acquiesce et ne répond pas qu'il sait, qu'il a entendu plus tôt ce qu'il disait à Dante. Il entend l'intention et l'écoute.
    Ayant retrouver l'usage de sa voix, Armaël finit par demander à Salomé : 


    Armaël : Comment êtes-vous devenue médecin ?
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Lun 16 Juil - 11:38

    Spoiler:
    Oups quelle couillonne ! J'ai enlevé le dernier passage mentionnant Cassandre
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Lun 16 Juil - 14:47

    Spoiler:
    Comme vous avez l'air impatient de voir Cassandre, je vais me sentir obligée de la faire descendre I agree

    Derrière le comptoir, Dante termine la préparation de son plateau. Il a posé deux tasses et une théière, ayant cru saisir dans la remarque d'Armaël à son frère qu'un thé sencha pourrait aussi intéresser Caleb. Il remplit bientôt une théière en fonte dont le bec effilé allonge les rondeurs. Il ne saurait dire pourquoi, mais il apprécie l'objet. Peut-être parce qu'elle lui rappelle celle que M. Duxburry utilisait pour le thé de sa mère lorsqu'il était enfant. Quoiqu'il en soit, il la charge sur le plateau, contourne le bar, Amy et Heather pour s'en saisir et rejoint d'une démarche raide la table basse près de Caleb et Salomé. D'un simple mouvement de tête , il invite Armaël à s'asseoir sur le fauteuil qui fait face à celui de son frère.  

    Salomé termine déjà son travail d'aiguille. Elle a laissé le long de la seconde plaie des marque plus régulière que sur la première.

    Salomé (à Caleb): Ne vous excusez pas. Nous avons tous nos drames. (elle relève la tête à l'arrivée de Dante à ses côtés.) Tu veux bien m'en préparer un aussi, s'il te plait?

    Dante acquiesce et presse l'épaule de Salomé de sa main de chair lorsque la question d'Armaël vient cueillir la jeune femme.

    Salomé (dont le regard se reporte sur la theière comme pour éviter les yeux d'Armaël) : Et bien... c'est une longue histoire et je ne suis pas sûre qu'elle mérite d'être contée... Disons que le pays d'où nous venons était en guerre et que j'ai été recueillie par un homme qui avait décidé d'utiliser son talent pour soigner et non pour tuer.

    Salomé ne veut pas en dire plus et se retourne vers Caleb pour finir de le recoudre. Franchir le seuil de son passé pour l'arpenter pleinement et inviter ses hôtes à la suivre ne lui fait pas véritablement peur, mais, évoquer le sien amènera celui de Dante dans son sillage et elle ne veut pas lui imposer cela. C'est à lui de choisir s'il les estime capable ou non d'entendre son récit. Dante le sait et bientôt, derrière elle, c'est bien la voix rauque de son mari qui s'élève et poursuit.

    Dante ( qui garde une main sur l'épaule de Salomé, comme si elle lui donnait la force de préciser): Une Révolution a éclaté et avec elle la guerre civile. Notre peuple a été partagé entre les soutiens de la Principauté et ceux réclamant la fin de l'ancien système hiérarchique et une démocratie égalitaire. Du moins c'est ce que promettez les tenants de la Révolution. Je ne suis plus certain que ceux qui étaient à la tête de la Révolution croyaient à autre chose qu'à leurs destins individuels et au pouvoir qu'ils allaient pouvoir avoir...Noah, le frère de Salomé, moi, des tas d'autres jeunes hommes exaltés par cette image héroïque et virile que nous renvoyait la Révolution, nous nous sommes engagés, persuadés de son bien fondé et nous nous sommes salis les mains pour ceux qui ne nous promettaient que des chimères...(il marque une pause puis reprend). La principauté n'était pas un "bon" système et je ne veux pas la défendre, mais ce qu'ils nous ont proposé était une alternative bien pire que ce que nous avions avant... Mais dans ce carnage, il y a eu des personnes comme Alfred pour s'occuper et former Salomé et aider les blessés des deux camps. C'est comme cela que nous nous sommes rencontrés la première fois.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Lun 16 Juil - 17:59

    Amy (déçue ou en colère contre Caleb) : Vraiment, j’ai trop bu ? Quel dommage.

    Elle déteste et adore la provocation de Caleb. Il se fait proie, elle se fait chasseresse ou bien cherche-t-il à jouer avec elle ? Ce fourmillement d’émotions qu’il lui évoque a quelque chose de sexuellement exaltant. Elle sent cette passion dévorante fleurir à son entrejambe, l’envie d’y répondre, d’être pénétrée et de calmer l’insatiable faim. Heather ne voit pas tout cela, mais se rend compte de l’étrange tension qui anime les quelques personnes présentes, surtout lorsque Dante passe à côté d’elles avec froideur et sans un regard. Elle se contente d'un rire de malaise, ne sachant pas trop quoi dire pour apaiser les esprits.

    Heather : Je… je vais prendre un verre. Après tout ce que tu m'as fait marché, je l'ai bien mérité.
    Amy : je vais prendre la même chose que toi.
    Heather : Mais tu sais même pas ce que je vais prendre !
    Amy : Alors, surprends-moi si tu le peux toujours.

    La dernière pique fait sourire Heather et il y a une tendresse dans les regards qu'elles s'échangent. Heather se penche vers les alcools qui trônent derrière le bar, mais ne sait pas quoi choisir.

    Heather (à l’intention de tout le monde à la fois) : vous savez s’il y a une liste de cocktails quelque part ?

    Amy et Heather écoutent attentivement l'histoire de Dante. Toutes deux comprennent que la confession lui coûte, mais n’y réagissent pas de la même façon.

    Amy : l’image héroïque et viril… Surprenant vraiment, encore les hommes, toujours eux. Peut-être qu’ils devraient songer à cela avant de commencer des révolutions, à parler d’autre chose que d’eux-mêmes.
    Heather (choquée, mais non surprise par les propos d’Amy) : Tu exagères, comme d’habitude.
    Amy : tu as raison, je suis désolée (Elle ne l’est pas une seconde).
    Heather (à l’adresse de Dante et de Salomé) : C’est… je n’ai pas de mots. J’espère que tout va s’arranger.
    Amy : sans quelques morts et coups de canons, j’en doute. Quand on a tiré les couteaux, on n'aime pas les ranger sans avoir eu le temps de les utiliser.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Lun 16 Juil - 19:21

    Armaël remercie Dante à voix très basse, et s'assoit dans le fauteuil face à Caleb. Il patiente un moment, le temps que les feuilles infusent, puis sert les deux tasses avant d'en tendre une à son frère. Ses longs doigts pâles et osseux se referment comme les serres d'un moineau autour du récipient cependant qu'il écoute la réponse parcellaire de Salomé, puis le récit de Dante. Aucune émotion ne se peint sur son visage, si ce n'est le sérieux silence avec lequel il recueil les paroles qu'il entend. Il sourit néanmoins, pour la première fois, lorsque Dante évoque sa rencontre avec Salomé, et ce sourire illumine la finesse de ses traits, effaçant la grisaille qui semble voiler son regard.

    Armaël : Nous avons vu beaucoup de révolutions. Ce qui est mieux et ce qui est pire ne l'est jamais pour tout le monde. Personne ne gagne une guerre civile.

    Armaël ne prononce pas le terme de fratricide, mais c'est comme s'il s'entendait sur ses lèvres. C'est peut-être pour cela qu'il choisit ce moment pour les tremper dans sa tasse et savourer un première gorgée hospitalière. Il ne dit rien non plus de sa surprise. S'il pensait être parvenu ce soir aux frontières de l'Empire, il se rend compte que ce n'est pas le cas. Aucune révolution à sa connaissance n'a opposé une principauté à une démocratie et, si les visages de Dante et Salomé sont caucasiens, il ne parvient pas à identifier le pays et le peuple dont ils parlent. Sa curiosité anthropologique est piquée. D'une voix chuchotée qui ne veut rien contraindre, il demande :

    Armaël, à Salomé : Dans ce pays, fallait-il des conditions si particulières pour qu'une femme ait accès au savoir médical ?

    Pendant qu'il boit doucement son thé, il observe un moment la dynamique séductrice et prédatrice qui s'est mise en place entre son frère et Amy. Armaël ne lève pas les yeux au ciel, mais la façon dont il se détourne pour scruter la théière en dit long sur ce qu'il pense. Il ne comprend pas, en vérité, quel besoin Caleb a de jouer ces jeux auxquels il ne trouve pourtant, en fin de course, aucun plaisir. Ce qu'il comprend c'est que cela les sépare plus durement que tout le reste.
    Il observe ensuite l'autre femme, celle qui est plus discrète, et qui semble maintenant gênée. Bien sûr, son visage est de nouveau inexpressif, mais il essaie d'avoir un regard plus engageant. Après tout, il sait combien l'accueille de Dante peut-être froid et austère.


    Caleb aura eu un sourire d'excuses moqueuses envers Amy. Il trouve sa répartie un peu courte, mais il avait compris qu'elle brillait plus par le corps que par l'esprit. Aussi se désintéresse-t-il naturellement d'elle, et des désirs qui bouillonnent dans sa culotte. A la place, il sirote sa tasse de sencha avec une satisfaction évidente qui lui permet d'ignorer, encore un peu, la douleur lancinante qui lèche les bordures de la troisième plaie alors que l'aiguille de Salomé s'y plonge.  
    Le récit de Dante termine d'esquisser dans son esprit le portrait de cet homme bourru, qui a sacrifié sa jeunesse dans des idéaux mirages, pour d'autres hommes que lui-même. Il sait comment cela fonctionne. Il a eu l'occasion d'être cet autre homme qui embrase les cœurs et les espoirs pour faire marcher l'avenir sous sa bannière. Il aimerait demander si c'est durant cette guerre qu'il a perdu son bras, car à vrai dire, cette prothèse l'intéresse de près. Il aimerait avoir l'occasion de la détailler, d'en parcourir les rouages et l'ingéniosité. C'est une chose qui n'existe pas dans l'Empire, une technologie inconnue et avancée, un défi à sa mesure ! Mais ce n'est pas le moment, il garde donc cette question pour plus tard. Le séjour sera long, autant se prémunir de l'ennui en n'épuisant pas tous les sujets de discutions le premier soir !
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Lun 16 Juil - 21:51

    Salomé a fini de recoudre les plaies de Caleb. Elle repose son matériel de souture sur une petite assiette métallique qu'elle a sorti plus tôt. Avant de bander le blessé et alors que Dante vient de finir son récit, elle prend entre ses doigts ceux de Dante poser sur son épaule. Elle les presse contre les siens comme pour le rassurer face aux portes qu'il vient d'ouvrir sur son passé. La voix d'Amy puis de Heather attirent sur elles le regard du barman. Pour la première fois il semble faire cas d'elles.

    Dante (cynique): Oui, ça s'est arrangé, les os et les cendres ça ne se bat pas et vu ce qu'il reste de notre peuple, il n'y a plus vraiment à craindre de nouvelles guerres...

    Salomé porte sur lui un regard à la fois désolé et désaprobateur. Si la légèreté des jeunes femmes l'exaspère, Dante pourrait tenter de mettre plus de formes, aussi prend-t-elle la parole:

    SaloméHeather avec détachement): Que souhaitez vous boire?

    Dante quitte Salomé pour rejoindre le comptoir et préparer le thé que sa femme lui a demandé. En fonction de la réponse d'Heather il commencera à préparer sa commande.

    Aux côtés de Caleb, Salomé prépare un bandage en reportant son attention sur Armaël.

    Salomé: Oui, il fallait de telles conditions... Les femmes étaient cantonnées à la sphère privée et ne travaillaient que si la survie de leur foyer en dépendait. Je viens d'une famille aisée, il n'y avait aucune raison pour que j'apprenne un métier et apprenne la médecine.

    Derrière le comptoir, la porte menant aux étages fini par s'ouvrir et une petite silhouette en pyjama se dessine dans l'entrebaillement. Ses boucles brunes encadrent un visage plein des rondeurs d'enfance où deux grands yeux bleus sont encore brillants de sommeil. L'enfant serre fort contre elle sa peluche lapin. Toutes ces voix étrangères l'impressionnent et elle trottine vers son père pour se cacher contre ses jambes. Dante se baisse aussitot pour l'accueillir dans ses bras. La petite s'y blottit.

    Dante (à Cassandre): Tu as fini de faire dodo petit ange?

    L'enfant acquiesce et tente un regard timide vers les inconnus avant de cacher son visage dans le cou de son père.

    Cassandre (dans un chuchotement pour Dante): M. Carotte il avait plus sommeil et moi non plus.

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    Re: Le salon des personnages

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