Le salon des personnages

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    Elijah
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Elijah le Jeu 26 Juil - 23:28

    Moira pose sa main contre son ventre, dans le souvenir inconscient de ce qu’elle a autrefois porté, lorsque résonne à nouveau la voix fluette de l’enfant. Ses traits ont cependant perdu leur mélancolie douloureuse. Son armure s’est reformé d’un language impassible et d’une gestuelle étudié. De sa blessure ancienne Moira n’en laissera plus transparaître la plaie. Seule demeurera pour le moment le rang qu’elle se doit de tenir et cette figure de force tranquille qu’elle s’impose d’incarner. C’est alors qu’un sourcil inquisiteur accompagne la mention bien trop anglaise du « mulled wine ». Moira n’a pas oublié le serment récent de féodalité de Jean Balliol au roi d’Angleterre. Un serment qui est amer pour celle qui enfant, à espérer l’indépendance promise par William Wallace. Rien dans son ton n’indique cependant une animosité pour l’aubergiste dont elle préfère pour le moment, ignorer l’origine supposé anglaise.
    - Tapadh lea (merci) Mrs Wilde. Je prendrais le vin en bas et profiter ainsi de la musique à venir. Pourriez-vous faire monter ma sacoche demeuré à l’écurie ainsi que ma cape, que je puisse me retirer une fois le repas pris. Pourriez-vous également allumer un feu dans la chambre ? Vous ajouterez les bûches à la note.
    Moira prends alors place un peu à l’écart, auprès du feu de cheminée, pour écouter Caleb et se réchauffer. Sa cape repose sur le porte manteau de l’entrée. C’est alors que son regard croise celui persistant d’Armaël, qu’elle soutient fermement.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Ven 27 Juil - 7:51

    Salomé accueille les demandes de Moira dans un sourire égal mais au fond d'elle même, elle ne peut s'empêcher de relever le ton distant et assuré de Moira. Pour le moment rien dans l'armure de la jeune noble, car à voir comment elle s'adresse à Salomé, aucun doute qu'elle le soit, ne laisse présager qu'elles puissent sympathiser. Du moins pas pour le moment. La rousse se demande si elle aussi a eu autrefois ces manières froides qui lui semblent aujourd'hui inutiles. Mais pour en arriver là, pour laisser de côté ces postures de classe, il aura fallu à Salomé voir et verser bien des larmes pour comprendre que rien ne la différencie la petite-fille de comte qu'elle a été et l'aubergiste qu'elle prétend aujourd'hui etre. Rien hormis ces intonnations dans sa voix qui trahiraient pour les siens ses origines mais qui semblent transparentes ici.

    Salomé (à Moira): Je m'en occupe, Madame.

    La rousse retourne vers le bar où Dante s'affaire avec son seul bras valide.

    Cassandre a rejoint Caleb, les yeux brillants de curiosité. Elle sert contre elle M. Carotte, compagnon infatigable de ses découvertes enfantines, et observe le vieux Sail. Pour un vieux Monsieur, Sail lui encore plein d'énergie. La petite mordille l'oreille de sa peluche pour cacher le grand sourire qui mange son visage lorsque Caleb lui propose de toucher le violon.

    Derrière le comptoir Dante n'a pas quitté des yeux le violon depuis que Salomé l'a rejoint. La jeune femme pose sa main sur l'avant bras de son mari et dans un regard tendre pour cette irrésistible attirance qu'elle sent entre lui et l'instrument, murmure
    :

    Salomé: Vas-y. Je m'occupe du repas.

    Dante (acquiesçant avec reconnaissance): je monterai les affaires de la nouvelle venue. Tu n'y touches pas, d'accord.

    Dante a bien appuyé la dernière phrase. Il connait sa femme et sait qu'elle n'est pas prête à l'écouter pour ce genre de chose. Salomé lui tire la langue en réponse et prends deux assiettes qu'elle ramène auprès d'Armaël et Moira.

    Dante prend à son tour une assiette et la dépose près de Caleb avant de s'accroupir auprès de sa fille. Il partage avec elle ce regard émerveillé sur le violon, une pointe de mélacolie en plus. La petite laisse son dos aller contre son père.


    Cassandre (dans un rire): Je fais de la musique Papa!
    Dante (après avoir embrassé la tempe de son enfant): Oui mon coeur. Il faut être très douce avec ce vieux Sail. Il a du voir et entendre bien des choses et il faut etre respectueuse avec lui. (Cassandre acquiesce. Dante reprend pour Caleb) Il est magnifique.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Ven 27 Juil - 15:48

    Croiser le regard de Moira, aussi ferme soit-il, ne dérange pas Armaël. Des yeux sont des yeux, et ils sont bien fait pour cela, voir et observer. Cependant il sait que cela peut-être considérer comme gênant, d'être fixée ainsi, en silence et sans raison.

    Armaël, s'adressant à Moira : Quelle est cette langue que vous parlez ?

    Il se détourne un instant pour remercier Dante qui lui apporte son plat, puis reporte son attention sur la femme au tartan dont il attend la réponse avec intérêt.

    L'enthousiasme un peu timide de Cassandre fait rire Caleb. Il n'a pas peur qu'elle abîme le violon, il sait que les enfants ont un respect naturel pour ce qu'ils trouvent beau. Lorsque la petite finit de toucher les cordes de Sail, l'explorateur se saisit du petit corps de bois par le manche et le cale entre son épaule et son cou, en équilibre tandis que ses mains resserrent les crins de l'archet. Par quelque pizz, il vérifie la justesse des cordes à vides en écoutant la nostalgie et l'amour qu'il entend dans les paroles de Dante. Au compliment que Sail reçoit, cligne des yeux en baissant la tête. Puis il place sa main et, lorsque l'archet touche la corde, Sail éclate en cathédrale.  
    Tempo largo, les sons vibrent dans les graves et enlacent leur auditoire avant de tirer, d'étirer, de piquer les aigues. L'archet glisse sur le pont, lie et délie, redescend sur la houle, toujours plus bas, encore. Puis remonte, furieux, escalade, pattes d'araignée, finit en pizz. Silence. Puis la main s'abaisse, le poignet se casse, de plus en plus aiguë, sur la crête, défiant la chute, la déchirure, le silence et la mort. Sail en équilibre, Caleb les yeux clos. Il va chercher ce fil, celui qui part de sa poitrine, qui tire sur son cœur, celui qui vient de la mer. Et il file, défile, suspend, tend. Il va le chercher dans la poitrine de Dante, celle de Cassandre ou Salomé, de Moira ou d'Armaël. Dans chaque ventre, il y a ce fil qui, tendu, près à se rompre, répond à la musique, la comprend sans savoir comment. Lorsqu'il sent sous ses doigts et dans sa main tous ces fils réunis, il rouvre les yeux.
    Une marche, l'archet tressaute d'une corde à l'autre. Une marche douce comme un souvenir, comme une berceuse espiègle au vent de la lande, qui saute les murets, poursuit les troupeaux de moutons noirs, rattrape les mouettes nichées dans les falaises. Une marche pour l'enfance, et pour les yeux curieux de Cassandre et de M. Carotte.
    Il glisse, pour les yeux trop clairs d'Armaël, une seule mesure, quelque chose entre eux déjà entendu, mais qui dure, défit le silence et la gravité dans un vibrato intense. Un moineau et un bateau, qui s'éloignent dans un soupir.
    La Dame maintenant ! Oui, aller, pourquoi pas, on dit bien que la musique se joue ! Sail se transforme. Sa voix se change en lent bourdonnement monotone et régulier. Puis, les doigts de Caleb, tout en maintenant cette note, glissent sur la corde de mi et y marquent un enchainement droit et fier, qui donne au violon le coffre, la sonorité, les accents et le répertoire d'une cornemuse.
    Après ce travestissement, Sail s'ébroue en pizzicato et Caleb se tourne vers Salomé, dont la douceur lui inspire une pavane, lente, ample, ponctuée de pizz et d'un crescendo qui se lie et se jette dans le tempo largo de la première mélodie, comme le fleuve dans l'océan. Il tire une dernière note, longue, vibrante. Sail soupire et se tait tandis que Caleb fixe Dante. Rien pour lui, si ce n'est une idée derrière la tête qui s'énonce ainsi :  


    Caleb : Voulez-vous essayer ? Si nous tombons d'accord sur un morceau, vous jouerez les notes, et je jouerai l'archet.


    Spoiler:
    Pour celles qui veulent écouter de la musique :
    - quand Caleb cherche les fils avec les cordes : Zigeunerweisen de Sarasate.
    - Cassandre : Brian Boru's march
    - Armaël : Song for the little sparrow d'Abel Korzeniowsky
    - Moira : Loch lomond
    - Salomé : Pavane de Fauré
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Lun 30 Juil - 17:46

    Le silence retombe sur Dante, pesant comme la chaleur d'un été trop humide. Il a chaud, mais cela ne vient pas de l'âtre rougi près duquel se trouve Moira, ni du temps qui au-dehors de l'auberge se trouve refroidi par une pluie battante. Le sang afflue à ses tempes et presse son crâne dans une montée soudaine. Les simples mots de Caleb auront suffi pour accélérer les battements de son coeur et rendre ses mains fébriles. Il baisse les yeux, les reportes sur Sail, les baisse à nouveau. Tout en lui se tord et se déchire entre ce désir de prendre le violon, d'y jouer quelques notes qui, il le sait, seront maladroites mais pleines de ces vies passées qui toujours marchent à ses côtés, et cette voix qui lui intime le silence.

    Dante (les yeux toujours baissés): Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Sail mérite mieux.

    Il relève le regard. Peut-être celui de Caleb se sera fait interrogateur. Celui de Cassandre l'est en tout cas et plus loin, Salomé veille silencieusement sur l'échange. Dante hésite. Quelques explications suffiraient à rendre la tension qui l'habite maintenant plus lisible à cet inconnu en qui, pourtant, il sent qu'il peut placer sa confiance. Mais que dire? Comment dire ce que tout violon symbolise pour lui? Et même au-delà de dire, qu'est-ce qui lui assure que Caleb entendra? Cassandre glisse alors sa petite main dans celle valide de son père. Elle ne dit rien mais sourit. Sourit de ce sourire d'enfance qui mange son visage rond et égaye son regard d'une tendre confiance. Dante resserre ses doigts sur ceux de sa fille.

    Dante (pour la première fois depuis longtemps): Je n'ai pas joué depuis plus de dix ans. Outre le fait que je n'ai plus ni la dextérité ni la pratique d'autrefois... la musique...le violon... ils me rappellent des moments douloureux. (il se racle la gorge) Je n'en parle pas souvent. Même à Saly... Et...j'ai peur. Peur que la musique ne réveille ce que je préfère laisser dormir au fond de mes souvenirs.

    Il ne sait pas si il est clair ou très convaincant. Il marque une pause, se racle à nouveau la gorge en laissant ses yeux se perdre vers le plafond.

    Dante (reprenant après un rire gêné): Vous devez trouver ça stupide... Mais la dernière fois que j'ai joué... J'avais encore mes deux bras et ma soeur, Millicent, était encore en vie... C'était avant que je me perde un long moment.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Elijah le Lun 30 Juil - 20:21

    (Je préfère vous laisser continuer toutes les deux pour le moment. Vous pouvez dire que Moira s’est retiré dans sa chambre au besoin. IRL son histoire connaît beaucoup de changement qui ne me permettent pas d’être à l’aise pour la jouer. Je reviendrais un peu plus tard)
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Mar 31 Juil - 9:47

    Les yeux de Caleb n'interrogent rien. Deviner cet homme est facile, lisible sur la franchise de son corps. Non, les yeux de Caleb soutiennent, ils sécurisent. Ils disent que la seule façon de se montrer indigne devant Sail c'est de ne pas essayer, de céder au silence. Son regard tombe un temps sur Cassandre avant de revenir à Dante.

    Caleb : Jouez pour elle. (Il ne précise pas s'il parle de Cassandre ou de Millicent) Vos fantômes méritent votre amour et votre musique. C'est une douleur saine que vous devrez bien affronter un jour, celle de vos souvenirs heureux. Si la musique devait les réveiller, elle l'a déjà fait. Maintenant vous devez choisir ce que ferez pour eux. Les faire taire une fois de plus, ou leur offrir cet instant et ce nouveau souvenir, une réconciliation.

    Il tend le violon à Dante, d'un geste calme, intime et confiant.

    Armaël, resté seul après le départ de Moira, suit l'échange avec attention. Il sent la tension de Dante comme un orage électrique au dessus de sa tête où bouillonne des larmes qui ont rarement coulées. Elles tomberont, qu'il joue ou non, ici avec Sail, ou seul d'avoir refusé.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Mar 31 Juil - 13:40

    Les mots de Caleb touchent Dante au plus profond de lui-même. Il aimerait ne pas pleurer face à lui. Il sait que le jeune homme qu'il a été, du haut de ses dix-huit ans et de son uniforme d'élève officier le trouverait ridicule. Faible. Faible comme il l'a été autrefois, pas dans les larmes qu'il s'interdisait et qu'il aurait du verser, mais dans ces silences qu'il s'était imposé à chaque fois qu'il fermait les yeux sur ce qu'il voyait et ce qui lui était demandé. Il presse un peu plus la main de Cassandre. Il ne se sent pas la force de jouer pour Millicent. Pas pour ses fantômes. Mais Cassandre, elle, a le droit d'entendre les airs d'un pays et d'une histoire qu'elle ne rencontrera que dans les souvenirs qui lui seront rapportés. Elle a le droit de savoir, d'entendre, même si cela lui coûte. Alors Dante lâche la main de l'enfant et se saisit du violon.

    Dante (dans un murmure): Connaissez vous l'ascention de l'alouette?

    Salomé vient s'asseoir près d'Armaël et sans quitter son mari des yeux murmure:

    Salomé: Ce que votre frère fait pour Dante... Il faudra que je le remercie.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Mar 31 Juil - 20:11

    Caleb ne sourit pas, du moins pas avec la bouche, mais un sentiment très vaste habite son regard lorsque Sail passe de ses mains à celle de Dante. Voilà ce que mérite ce vieux compagnon. Au choix de Dante, il répond par un bref hochement de tête. "Bon choix" pense-t-il. Le rythme y est assez libre, et surtout méditatif, cela sera plus simple pour accompagner l'archet : la plupart des notes seront liées et il aura le temps d'observer le jeu de l'ancien violoniste.

    Caleb, en se plaçant derrière Dante, et en regardant ses doigts sur le manche de Sail par dessus son épaule mécanique : Remontrez moi le doigté des premières mesures.

    Si l'aubergiste supporte cette première épreuve sans se liquéfier, alors le bras droit de Caleb poursuit le corps de Dante, et l'archet se suspend au dessus des cordes. Il attend et laisse Dante donner lui-même le départ. Lorsqu'ils commencent à jouer, Dante peut sentir la voix de Sail vibrer au creux de son cou et le long de son bras, comme les couleurs chaudes d''un tableau impressionniste. Caleb s'applique à se faire oublier, à rendre sa présence légère et naturelle, cependant son attention est vive. Il scrute et anticipe sur les doigts et le visage de Dante ses intentions, cherchant à leur donner l'ampleur et la liberté qui leur sont propres. Si l'homme commet de petites erreurs de justesse, il les efface en adoucissant l'archet jusqu'à ce qu'il se corrige.

    Armaël connait ce genre de scène, Nylian et Caleb jouent parfois ainsi, à deux sur un violon. Pourtant, ce soir, quelque chose est différent. La proximité des deux hommes n'est pas la même que celle des deux frères. Il n'y a aucune emprise, aucune ombre, ni aucun combat. Caleb est une aide et un outil. Simplement cela. Il n'y a pas de défi ni de colère, mais juste un don.


    Armaël, à Salomé et d'une voix émue : Je crois que pour lui, voir votre mari jouer à nouveau est un remerciement suffisant.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Mer 1 Aoû - 10:38

    A la remarque de Caleb,Dante s'exécute. Elle ne l'intimide pas plus qu"elle ne le pique. Il s'est tenu trop longtemps éloigné d'un instrument pour se laisser aller à l'orgueil et en même temps le contact du bois le calme, l'enveloppe comme la douceur d'une vieille habitude revenue naturellement. Les premières notes sont timides. Il lui faut réfléchir, se souvenir, mais rapidement son esprit prend ses distances, ses émotions parlent et avec elles ses doigts se font plus précis, plus délicats. Il a fermé les yeux. Ses joues sont encore humides et le resteront un moment encore, mais cela aussi il l'oublie. Il joue. Avec l'aide de Caleb bien entendu mais la discrétion de son aide le laisse tout entier à la musique. Submergé par elle.

    Cassandre se sera écartée et aura rejoint sa mère et Armaël. Elle observe, émerveillée, ce père qu'elle semble découvrir, sa bouche grande ouverte de surprise. Assise, Salomé n'ajoute rien aux paroles d'Armaël. Elle est émue. Dante, le violon, la musique qui vient de leur rencontre, le geste de Caleb... Salomé pose une main tendre sur les cheveux de Cassandre, une autre sur son ventre. Elle essaie de ne pas pleurer, pas à nouveau malgré la beauté de cet instant qui n'a pas besoin d'être dit.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Ven 3 Aoû - 9:29

    Lorsque le morceau s'achève et que le silence retombe, Caleb s'écarte avec l'archet, laissant à Dante les derniers échos de cette musique qui fut sienne. Ces silences finaux sont des absolus. C'est au musicien de les rompre. Tant qu'il ne le fait pas, par un signe discret, le public se retiendra toujours d'applaudir, et parfois de respirer.
    Caleb respire cependant. Il croise humblement les bras dans son dos, mais ses yeux démentent sa posture. Ses yeux ne manquent rien de cet instant, et parlent pour lui de la fierté qu'il ressent à l'égard de Dante. Ce geste là était important, primordial. Et ensemble, ils ont réussi.


    Armaël est une éponge. Les émotions vivent qui se libèrent sans mot l'atteignent sans qu'il ne puisse trier lesquelles lui appartiennent ou lesquelles il peut comprendre. Peut-il vraiment sentir la chaleur d'une main sur son ventre, et deviner la vie qui y grandit ? Peut-il se sentir petite devant ce père qui n'est pas le sien ? Il est bien content d'être plus éloigné de Dante. Il aurait été délicat de pleurer aussi. Lorsque la musique s'arrête, il change discrètement de position, comme si cela finirait de dissoudre ses ressentis qu'il absorbe et prend pour lui. Il laisse vagabonder son regard vers les portes et fenêtre de l'auberge, troublé et gêné.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Ven 3 Aoû - 9:56

    Dante prend une profonde inspiration est réouvre les yeux. Il lui est difficile de revenir de par-delà la musique. De traverser à nouveau cette émotion perlée de note pour reprendre pied dans la chaleur du salon. Il repose Sail près de son étui et séche maladroitement ses joues du revers de la main. Il se retourne vers Caleb.

    Dante (avec reconnaissance): Merci.

    Il ne sait que dire de plus et peut être n'y a-t-il tout simplement rien a ajouter.
    Aux côtés d'Armaël, Salomé se lève. Elle prend Cassandre dans ses bras qui se laisse faire et rejoint Dante. Elle lui essuie à son tour les joues dans un sourire ému. Il le lui rend et il n'y a pas besoin de plus entre eux pour savoir que l'instant qui vient d'être vécu est important. Dans les bras de sa mère, Cassandre se penche et passe ses mains autours du cou de son père.


    Cassandre (très sérieuse): C'était très beau.(elle jette un coup d'oeil vers caleb puis chuchotte) M. Carotte il aimerait bien manger des crêpes...

    La remarque arrache un rire à ses parents et allège quelque peu l'atmosphère.

    Dante: Alors je vais aller en préparer à M. Carotte mais avant, Maman doit réparer mon bras.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Ven 3 Aoû - 11:11

    Alyosha : Non, non, non et non ! J'ai dit non ! Mais cette gamine est impossible !

    Mais l'enfant n'ayant pas dix ans, s'était déjà jetée dans le bar avec son air coquin. Elle avait entendu le violon, s'était accrochée aux notes, mais une fois entrée, tout est déjà terminé. Il y a des gens, elle les regarde, les observe et baisse poliment la tête pour les saluer. Ils sont tous beaux et ils ont l'air d'être des personnes importantes. En tout cas, c'est ce qu'elle croit voir avec leurs habits sérieux.

    Alyosha (courroucée) : mais, tu vas m'écouter, esp...

    Alyosha entre à son tour et s'apercoit que leur entrée a été remarquée. Elle rougit, a un peu honte de s'être emportée, mais agrippe la main de sa fille.

    Alyosha : allons, écoute-moi pour une fois.
    Yunna (toute joyeuse et montrant Sail) : c'est le violon qu'on a entendu, mais il a fini.
    Alyosha : ne montre pas les gens du doigt.
    Yunna (irritée) : c'est le violon que je montre, pas le monsieur.
    Alyosha : qu'importe ! Il faut rentrer maintenant.

    Mais déjà, Yunna s'est dégagée de la prise de sa mère et s'arrête droite comme un i devant Dante, visiblement intéressée par l'instrument. Elle le gratifiera d'un "bonjour monsieur" poli quand il croisera son regard, mais n'ose pas lui adresser directement la parole.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Ven 3 Aoû - 15:17

    Caleb prend plaisir un certain à ce geste qu'il fait, celui d'incliner la tête et le haut du corps lorsqu'il s'agit de accepter ce remerciement sincère. Cela le rend moins lourd peut-être ? Limite sa prise ?

    Caleb : Je vous en prie.

    L'explorateur desserre les crins de l'archet et s'approche de Sail et de son étui, laissant à la petite famille l'intimité de leur émotion. Il sourit cependant à Cassandre lorsque celle-ci évoque les fameuses crêpes, promises et réclamées.

    Caleb (amusé) : Si cela ne prive pas M. Carotte, une ou deux crêpes me plairait aussi.  

    Puis c'est une autre gamine qui vole son attention, l'un de celle qui font courir leur mère et les rendent chèvres. Il songe un moment à Enora. Décidément. Il aura fallu qu'il ait deux fils.
    C'est pourtant à la mère qu'il s'adresse en essuyant les cordes de Sail avant de le coucher dans le velours de son étui.


    Caleb : Bonsoir, Madame. (Glissant un regard complice à Yunna) Curieuse et preste, ce sont aussi de belles qualités pour une enfant, vous n'avez pas à rougir.

    Armaël n'est pas tout à fait de cet avis. Les enfants en âge de courir partout lui font ressentir un certain danger. Lui qui n'a jamais eu le droit d'être comme eux, se sent statufié dans son fauteuil. Il cherche le soutien de Caleb, d'un regard, mais ne l'obtient pas. Il est pris à son jeu, à cette situation, aux rôles possibles et à celui qu'il a choisi. Un poisson dans l'eau quand lui se noie sur la grève. Maladroitement, il se lève, n'adresse pas un regard à la mère et sa fille nouvellement venue et s'excuse auprès de Salomé en la saluant d'un signe de tête. Puis il se retire à l'étage, savoure dès les première marche la solitude qu'il regagne, celle d'autant plus précieuse qu'elle naît et se déploie de l'autre côté d'un mur où s’exerce le monde de la compagnie. La chambre vide lui plaît. Le petit désordre que Caleb y a mis est une présence acceptable et discrète. Il s'assoit sur le lit, s'y allonge, et sans doute finira pas s'y endormir.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Ven 3 Aoû - 18:02

    Dante prend Cassandre des bras de Salomé alors que la petite fille se retourne vers Caleb.

    Cassandre: M. Carotte il aime pas partager mais je peux te prêter une de mes crêpes.

    Dante (en chuchotant): "vous prêter", Cassy.

    La petite fille fronce les sourcils à l'instant ou Yunna et Alyosha entrent dans l'auberge. Le regard de l'enfant est aussitôt attirée par l'autre petite fille. Cassandre se fige alors dans les bras de son père. Elle resserre aussitôt ses bras autour du coup de son père et cache son visage dans son cou.

    Salomé sourit. Cassandre n'a définitivement pas assez vu d'enfant. La jeune femme salut chaleureusement les nouvelles venues et est bientôt imitée par Dante qui répond par un "bonjour Mademoiselle" à Yunna.


    Salomé (à Alyosha): Vous voulez boire quelque chose? (à Yunna) On a encore du pain perdu si cela te dit!
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Ven 3 Aoû - 21:23

    Alyosha fit un signe de tête à Caleb pour le saluer à son tour.

    Alyosha : vous avez raison. Mais il faut avouer que si elle pouvait être un peu moins curieuse et un peu moins preste, je ne m'en porterais pas plus mal !
    Yunna : Maman !
    Alyosha : un vrai monstre. Heureusement qu'elle n'a pas encore trouvé un trombone pour faire sauter le bâtiment.
    Yunna (rouge comme une pivoine) : c'était un accident.
    Alyosha : un monstre que je vous dis.

    Alyosha remarque Armaël qui s'éloigne. Elle espère que ce n'est pas leur venue qui l'a dérangé. Yunna en revanche, lui offre un sourire et lui fait un petit coucou pour lui dire au revoir sans vraiment comprendre pourquoi il s'en va.
    Yunna est absolument enchantée que Dante lui adresse la parole. Elle lui offre le sourire édenté de l'enfance et déjà s'élance :


    Yunna (précipitée et curieuse) : C'est vous qui jouiez ? C'était trop bien ! Et vous jouez depuis longtemps ? Vous avez appris où. Oh moi aussi, j'aimerais savoir jouer comme...
    Alyosha : si elle vous embête, dites-le lui ou elle n'arrêtera jamais de parler. Une vraie pipelette (un regard à Salomé et à Caleb) Je crains qu'elle ne tienne ce trait-là de sa mère.

    Yunna lui tire la langue.

    Alyosha : elle est terrible, mais heureusement toutes les petites filles ne sont pas comme cela, il y en a de plus sages (attendrie par la timidité de Cassandre). Qu'il est mignon ce petit bout de chou ! Elle a quel âge ?

    À l'évocation du pain perdu, Yunna claque dans ses mains.

    Yunna : oh oui, manger !

    Alyosha hésite à dire non. Même si Yunna est encore jeune, elle est obligée de contrôler son poids, mais estime qu'une exception ne lui fera pas grand mal.

    Alyosha (à Salomé) : juste un verre d'eau pour moi, nous ne resterons pas longtemps. C'est charmant ici. Mais... j'en oublie mes manières. Je me présente, je m'appelle Olena Fyodorovna, mais vous pouvez m'appeler Alyosha. Et voici ma fille, Yunna.  

    Alyosha prend soin de serrer la main de chaque personne en les regardant droit dans les yeux. Une politesse qui lui semble être le minimum après leur arrivée inopinée.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Dim 5 Aoû - 9:23

    Caleb apprécie d'un sourire la générosité de Cassandre. Même s'il comprend que prêter n'est pas donner.

    Caleb : Ce serait très gentil de ta part.

    Il accepte la main d'Alyosha dans la sienne, et lui rend son regard.

    Caleb : Caleb suffira. Pardonnez moi, mais je vais profiter de votre disposition volubile pour vous demander comment on s'y prend pour manquer de faire exploser un bâtiment avec un trombone ? Par accident, bien sûr. C'est une histoire trop originale pour laisser filer l'anecdote.

    Caleb observe Yunna assaillir Dante de questions. Il espère que l'homme n'en sera pas gêné, et se contente de refermer l'étui de Sail avec discrétion. Si la gamine est capable de menacer l'intégrité d'autrui avec un trombone, il préfère que son violon soit à l'abri.


    Dernière édition par Kean le Dim 5 Aoû - 16:57, édité 3 fois
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Dim 5 Aoû - 16:00

    Sous le flot de question de Yunna, Dante se penche pour reposer au sol Cassandre et ainsi libérer sa seule main de libre. La petite fille essaie un instant de rester accrocher au cou de son père, mais ce dernier ne semble pas vouloir se redresser et la garder dans ses bras. La petite fille cède à contre-coeur et à nouveau à hauteur d'enfant, préfère se cacher derrière la jambe de Dante.

    Dante (passant une main sur sa barbe avant de répondre): J'ai été aidé pour jouer comme ça. (il tourne la tête vers Caleb) j'ai eu droit à une aide bienvenue d'un véritable violoniste de talents. (puis se retournant vers Yunna) Tu fais de la musique?

    Cassandre resserrent ses bras sur la cuisse de son père pour lui rappeler sa présence alors qu'elle le voit discuter avec cette autre enfant qu'elle observe timidement. La petite ne relève le regard que lorsque Salomé pose une main sur ses cheveux et lui adresse un sourire encourageant.

    Salomé (à Alyosha): Elle a eu quatre ans il y a un peu plus d'un mois. (l'enfant aura risqué un regard vers Alyosha et peut-être même un sourire avant de cacher à nouveau son visage contre la jambe de son père). Quel âge à votre fille? (Salomé s'accroupit alors pour se mettre à auteur de Cassandre) Cassy, tu montres à Yunna l'assiette de pain perdu s'il te plait?

    La petite hésite à se jeter au coup de sa mère et réclamer à nouveau le réconfort des bras, mais après tout, comme lui a dit son Papi Ezra, elle n'est plus un bébé, alors quand sa mère lui demande de conduire Yunna vers la table basse, elle prend son courage à deux mains et décide de guider la nouvelle venue. Cassandre lache enfin de pantalon de Dante et ose s'approcher de Yunna. Elle lui tend la main sans un mot avant de la conduire vers la fameuse assiette de pain perdu.

    Salomé (se redressant): Je vais vous préparer un verre d'eau. Je m'appelle Salomé Wilde.

    Dante (à Alyosha): Dante Wilde.

    Lorsque Alyosha lui tendra la main pour la serrer, Dante lui présentera sa main gauche, sa prothèse droite étant toujours hors-service. Salomé revient bientôt avec le verre d'eau et calé sous son bras la trousse où se trouve de quoi réparer le bras mécanique de Dante. La rousse tend le verre d'eau à Alyosha avant de proposer à Dante de s'installer près de la cheminée pour évaluer l'état de sa prothèse.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Dim 5 Aoû - 17:46

    Au moment de serrer la main de Dante, Alyosha est un peu perturbée par la main gauche qu'il lui tend. Elle est un peu désarconnée, mais se reprend rapidement en espérant ne pas l'avoir vexé.
    Yunna écoute la réponse de Dante et jette un oeil curieux à Caleb qui a déjà fait disparaître le violon. Dommage, elle aurait bien voulu le voir.


    Yunna (à Dante, en montrant Caleb) : oh, c'est votre professeur ? Je suis certaine que vous saurez aussi bien en jouer que lui un jour.

    Et elle a ce petit geste taquin de la main qu'aurait une adulte, mais qui est un peu perturbant sur une enfant. Quand Dante lui demande si elle fait de la musique, Yunna s'exclame précipitemment :

    Yunna : oui !
    Alyosha (interloquée) : Non !??
    Yunna (agacée) : mais j'aimerais bien ! Et je ferais du violon.
    Alyosha : l'année dernière, c'était de la harpe que tu voulais faire.
    Yunna : eh bien, les deux à la fois alors, l'affaire est réglé !

    Alyosha sourit en faisant non de la tête. Elle avait l'habitude des frasques de sa fille et la soupconnait même de le faire exprès quand sa mère pouvait l'entendre.

    Alyosha (à Dante) : mais elle danse. Elle danse beaucoup même et avec beaucoup de talent (Un peu plus sévère). Mais des fois, elle est paresseuse.
    Yunna : peut-être que si je faisais du violon, je serais moins paresseuse.
    Alyosha (les yeux au ciel) : et elle est repartie. Mais changez-lui le disque.

    Quand Caleb évoque l'épisode du trombone, la mère et la fille se regardent un instant, figées, avant qu'Alyosha n'éclate de rire.

    Yunna : non, tu lui dis pas !
    Alyosha : elle jouait à mettre des trombones dans les serrures pour les crocheter...
    Yunna (de plus en plus rouge) : non !
    Alyosha : et évidemment, l'idée lui est venue on ne sait d'où de tester la même chose sur une prise électrique.
    Yunna (paniquée) : ca n'aurait pas tout fait exploser !
    Alyosha (les mains en prière) : mon mari et moi remercions le Ciel qu'elle ait choisi un trombone en plastique (le visage vraiment inquiet). Vous imaginez sinon ?
    Yunna : Il m'est rien arrivé ! (se tournant vers Caleb, un peu vexée) Et voilà, l'histoire est terminée. Rien d'autre à rajouter Monsieur le professeur violoniste.
    Alyosha : et la fois où elle a tourné tous les boutons de la gazinières et que mon mari ne s'est rendu compte de rien avant d'aller faire la cuisine.
    Yunna : mais ca, c'est une autre histoire, maman !

    Alyosha s'amuse un peu de voir Yunna tenter de se dépêtrer de ses bêtises pour une fois. Puis, elle écoute avec bonheur Salomé parler de sa fille. Alyosha prend cet air à la fois sérieux et fasciné qu'ont les mamans quand elles parlent de leurs enfants respectifs.

    Alyosha (en souriant à Cassandre) : quand ils sont petits, ils sont à croquer, on voudrait les garder comme cela pour toujours (Elle se souvient). Yunna, elle souriait à tout le monde à cet âge, mais pfiou, il fallait garder les deux yeux bien ouverts. (puis, elle reprend à propos de l'âge de Yunna) Elle a tout juste dix ans. La vôtre sera ravissante quand elle aura le même âge.
    Yunna : et moi mère, je ne suis pas ravissante ?
    Alyosha : si, mais un peu moins.

    La mère et la fille se sourient : Yunna voulait juste taquiner, elle ne sait pas être jalouse. Quand Cassandre lui tend la main, Yunna est un peu surprise : la timidité la désarconne, mais elle prend volontiers cette petite main en serrant sans doute un peu trop fort sans le faire exprès.

    Yunna (à Cassandre comme si elle parlait à une grande personne) : et toi, tu fais du violon aussi ?
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Dim 5 Aoû - 18:33

    Si l'histoire du trombone soulève mollement l'intérêt de Caleb, la relation de la mère et de la fille l'amuse bien davantage par leur art de la chamaillerie.

    Caleb, à Yunna : Tu as l'air d'être très douée pour créer des histoires. Peut-être qu'une harpe ou un violon permettrait de leur donner vie autrement qu'avec la gazinière ? Ou, pourquoi pas... une cornemuse ? (dit-il, l'air de rien en tâtant du regard tour à tour les réactions d'Alyosha et de Yunna)
     
    Le titre usurpé de professeur lui gratte les épaules, et il se tourne vers Dante avec une moue qui ressemble à un sourire.

    Caleb : Je crois que Monsieur Wilde n'a plus besoin de professeur depuis bien longtemps. C'est un très bon violoniste, comme tu l'as entendu. Il ne lui fallait qu'un violon, et un ami pour l'assister à l'archet.

    La conversation de bonne femme sur les enfants, leur âge, leurs couettes et leurs dents de lait le réduit au silence. Il ne veut pas penser aux siens. Il se contente donc de suivre la petite Cassandre du regard alors qu'elle surmonte sa timidité pour guider Yunna vers la terre promise du pain perdu. La remarque de la plus âgée des fillettes l'amuse. Assurément, Cassandre ferait une bonne violoniste ou, tout du moins, musicienne.

    Et soudain, un bruit de vaisselle brisée se fait entendre dans la cuisine...


    Spoiler:
    Kean, ou l'art du suspens ~


    Dernière édition par Kean le Dim 5 Aoû - 21:05, édité 1 fois
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Dim 5 Aoû - 20:48

    Dante offre un sourire désolé à Alyosha devant sa réaction face à sa main. Il sait que l'état de son bras droit peut surprendre. Son regard glisse vers Caleb alors que ce dernier complimente ses talents de musiciens. Il baisse les yeux, gêné et ne les relève que pour voir Cassandre s'éloigner avec Yunna.

    Arrivée devant le pain perdue, la petite fille lache la main de sa nouvelle camarade pour mieux se saisir d'une tranche de pain perdu. Elle escalade un fauteuil et se cale bien au fond.

    Cassandre: un peu, mais surtout je sais presque lire!

    La petite fille aura annoncé fièrement ce dernier point avant de croquer dans sa tranche de pain.

    Salomé remercie d'un regard Alyosha pour la gentillesse de ses propos sur Cassandre.

    Salomé: j'espère surtout qu'elle sera aussi énergique et curieuse que votre fille.
    Dante (dans un grognement): pas trop quand même...

    Le couple s'éloigne bientôt pour que Salomé s'occupe enfin de la prothèse de Dante. Mais à peine assis, un bruit s'éleve de la cuisine. Dante se redresse aussitôt. Son visage aura changé, soudainement fermé. Son regard croise un instant celui de Salomé. Il quitte sans attendre le fauteuil où il était installé et sans un mot pour Caleb ou Alyosha, quitte le salon pour descendre l'escalier menant à la cuisine.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Lun 6 Aoû - 19:21

    A l’évocation de la cornemuse, les yeux de Yunna brillent, mais Alyosha met fin à cela aussitôt :

    Alyosha (à Caleb) : ne lui donnez pas de mauvaises idées.

    Elle dit cela sur le ton de la plaisanterie, mais quelque chose en elle s’inquiète des proportions que va prendre cette idée quand elle aura germé. Par pitié, qu’il ne lui prenne pas l’idée de vouloir faire du cor ou de la trompette.

    En entendant Dante ronchonner à propos de l’énergie de Yunna, Alyosha répond autant à Dante qu'à Salomé :


    Alyosha : mais voyons, elle est parfaite comme elle est votre petite fleur ! Vous savez, les enfants grandissent à leur manière. Voyez mon fils, c’est tout le contraire de Yunna. A son âge, il était déjà plus autonome. Il a ses problèmes ça oui, mais il ne faut pas lui courir après, parce qu’il est en train de faire des bêtises quand vous avez le dos tourné. (En plaisantant) Faites des enfants qu’ils disaient ! Ah, être parent, ce n’est pas de tout repos.

    Yunna suit Cassandre qui s’est déjà installée et est en train de tranquillement manger sa part. Elle attend un instant qu’on lui dise quoi faire, puis voyant que Cassandre mange tranquillement, elle s’installe à son tour et prend une assiette pour manger une part de pain perdu. Elle l’engouffre même et répond en mâchonnant à Cassandre :

    Yunna : à quatre ans décha ? Moi, ch’ai appris à chij’ ans, t’es forte (elle avale le morceau qui l’empêche d’articuler). Tu peux déjà lire des histoires, c’est cool ça ! Tu connais celle de Casse-Noisette ?

    Il semble évident à Yunna que Cassandre n’est pas très causante, alors elle décide de continuer la conversation sans attendre sa réponse.

    Yunna (sans s’arrêter) : C’est l’histoire de Clara et elle fête Noël et elle a un Casse Noisette et son Casse Noisette, il va tuer le roi des rats et en fait le Casse Noisette, c’était un prince et ils se marient. Mais en fait, c’était un rêve.
    (Plus calmement) A l’école, les grands ils répètent Casse-Noisette, ils sont super forts (Elle prend l’assiette vide, la retourne et se la met sur la tête). Ils s’entraînent pour la danse chinoise. T’as déjà vu des vrais chinois ?

    Elle se sent obligée de se tirer les yeux pour les brider. Et lorsque ses mains lâchent l’assiette, elle tombe de sa tête et se fracasse contre le sol.

    Alyosha : YUUUUUNNNAAA !
    Yunna : euh… C’était un accident ! ajoute-elle en faisant fonctionner son cerveau à toute vitesse pour trouver comment réparer magiquement l’assiette. Elle regarde Cassandre en espérant qu’elle aura une idée aussi rapidement qu’elle a appris à presque lire.

    Alyosha met sa main devant la bouche au moment où elle a hurlé de sa voix rauque, déjà bien attaquée par la cigarette. Elle l’a fait par automatisme et a honte de s’être emportée.


    Alyosha (bredouillante) : pardonnez-moi, mais... Une seconde de répit et elle est déjà en train de faire n’importe quoi !

    Dans une autre circonstance, elle se serait levée pour tirer les oreilles de Yunna, mais en voyant Dante s'exécuter sans adresser un mot à qui que ce soit, elle hésite. Salomé n'a pas bougé non plus. Elle se rassoit en songeant qu’elle n’est pas chez elle. Il est après tout l’homme de la maison, c’est sans doute à lui de s’occuper de la situation. Et puis, il a l’air d’une personne calme et raisonnée.

    Alyosha (à Salomé, en fouillant dans son portefeuille) : impossible, elle est impossible. Nous allons payer pour les dégâts, non, j’insiste. (Elle tire un billet de mille roubles et le tend à Salomé) Prenez, c’est en dédommagement.

    Si Salomé refuse, elle insistera jusqu’à ce qu’elle accepte ou le lui glissera discrètement sur le comptoir. C’est une affaire d’honneur pour elle.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Kean le Ven 10 Aoû - 16:13

    Une deuxième vaisselle casse. Peut-on ne pas l'avoir entendu ou peut-on le confondre ? Mais non. Le cri qui ne lui ait pas adressé est suivi d'un pas lourd descendant vers lui. Chaîne de conséquence ? Peu importe, il lui faut trouver une cachette. Les placards sont trop pleins et étroits, il ne lui reste pas assez de temps. Ce recoin derrière le frigo est son seul salut, alors, il faut s'y blottir. S'y tapir. Et espérer que Joshua l'ait suivi et qu'il arrivera par magie pour lui offrir une diversion. Peu probable, mais il va prier pour.

    Au salon, le cris d'Alyosha empêche Caleb de tendre l'oreille. Il voit Dante descendre seul, avec son bras prothétique inerte et lui emboite le pas. Trois bras valant mieux qu'un.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Salomé Wilde le Ven 10 Aoû - 17:57

    Blottie au fond de son fauteuil, Cassandre écoute avec attention Yunna. Entre deux bouchées de pain perdu, fronce les sourcils, pas certaine de bien comprendre l'histoire de sa nouvelle camarade.

    Cassandre (la bouche pleine): Mais pourquoi y un roi des rats? Ma Maman elle m'a pas raconté cette histoire! Avec elle je lis l'histoire d'Alice et Alice elle, elle est avec un lapin et il y a un chat aussi!

    L'enfant s'arrête alors que Yunna place sur le sommet de son crâne l'assiette. Elle ne peut cette fois retenir un rire qui est bientôt stoppé par le bruit de vaisselle brisé. La voix d'Alyosha fait sursauter la petite fille qui cherche aussitôt du regard ses parents en même temps qu'elle s'enfonce un peu plus dans le fauteuil. Dante s'est déjà levé et se dirige vers la cuisine. Salomé quitte sa chaise et va ramasser les bouts de porcelaine restés au sol.

    Salomé (à Alyosha): Ce sont des choses qui arrive, ne vous inquiétez pas. (Lorsqu'Alyosha tente de lui glisser le billet) Ah non! Ce n'est pas la peine! Ce n'est vraiment rien du tout! On en a plein des assiettes! Il faut bien qu'elles servent et prennent le risque de se casser! (un regard pour Yunna) Ne t'inquiètes pas ma grande. Resserre-toi à manger si tu veux.


    Lorsque Salomé se redresse, elle prend une tranche de pain perdu pour elle-même. Elle n'a pas mangé depuis un moment et des vertiges commencent à venir jouer avec elle. Elle se rassoit à côté de Cassandre et invite Alyosha à prendre elle aussi un siège pour poursuivre leur conversation
    .

    Salomé
    : Vous avez donc deux enfants? C'est cela? Combien d'années les séparent?


    De sa démarche raide qui laisse dans ses pas les stigmates autrefois subis par son corps, Dante arrive à la dernière marche qui conduit au sous-sol. Il entre bientôt dans la cuisine et observe au sol les débris d'un large plats dont le dessin bleu et fleuri lui avait jusqu'alors paru agréable. La dernière fois qu'ils se sont croisés, le plat en question était rangé dans l'arrière cuisine. Il balaye d'un regard la pièce. Il sait ne pas être seul. Il s'avance, observe la porte d'un placard entrouverte qu'il se rappelle fermée lors de son dernier passage dans la pièce. Lorsque ses pas le rapproche du réfrigérateur, ceux de Caleb derrière lui le font se retourner. Il est sur la défensive. D'un regard il intime à l'explorateur de fermer la porte de la cuisine derrière lui. Ils sont maintenant au moins trois ici.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par groskrox le Ven 10 Aoû - 21:39

    Remarquant que Salomé ne veut pas du billet, Alyosha fait mine de le ranger, mais le posera à la première occasion sur une table sous un cendrier. Elle ne veut pas la mettre mal à l’aise, mais paiera quand même. Quand Salomé propose à Yunna un nouveau morceau, Alyosha ajoute avec un regard noir vers Yunna :

    Alyosha : oh non, ne vous inquiétez pas, je crois qu’elle a assez mangé et qu’elle va rester à côté de moi.
    Yunna (ragaillardie par la tendresse de Salomé, mais pas complètement téméraire) : oh non, les discussions d’adulte, c’est nul !
    Alyosha : si tu continues, je vais t’en montrer une qui est nulle, ce sera rapide.

    Elle tend une main menaçante qui fait peur à Yunna qui finit par s’exécuter non sans faire la moue. Elle est anormalement calme, mais Alyosha sait que cela ne durera pas.

    Alyosha remarque que Salomé est un peu pâle, mais ne dit rien lorsqu’elle prend de quoi se sustenter. A sa question sur ses enfants, elle reprend avec entrain :

    Alyosha : oui, c’est bien cela, deux et c’est bien suffisant ! Nikolai a quatre ans de plus.
    Yunna (à Salomé) : et il est cool !
    Alyosha (un sourire en coin) : Je croyais que tu boudais toi ?
    Yunna (la mine faussement vexée) : oui, mais je préfère le dire, au cas où.
    Alyosha (confuse) : au cas où quoi ?
    Yunna : au cas où tu le dirais pas. T’es toujours plus sévère avec lui.
    Alyosha : mais… non. (Elle secoue la tête) Qu’est-ce qu’elle raconte encore ?

    Alyosha se sent perturbée par la remarque de Yunna. Elle ne le montre pas, mais cela la travaille quand même. Pour oublier cette idée, elle reprend la conversation avec Salomé :

    Alyosha : vous verrez quand votre petit bout grandira, c’est quelque chose de les voir apprendre si vite et surtout de les voir prendre leurs marques. les miens n'arrêtent pas de me dire que je les couve trop. C’est vrai que j’ai du mal à lâcher prise mais… c’est réconfortant de voir qu’on n’a pas tout raté et qu'ils finissent par devenir plus responsables. (En regardant Cassandre) Est-ce qu’elle va déjà à l’école ? Je sais que c’était un problème, surtout avec le premier quand je dansais encore. Mon pauvre mari et moi, on a dû en faire des pieds et des mains pour trouver où le garder quand il était petit comme votre petit ange.
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    Re: Le salon des personnages

    Message par Elijah le Sam 11 Aoû - 9:16


    Sarah Thelme


       


    Ouvrant la porte arrière, du café familier, Sarah entre dans la cuisine pour prendre son service du soir. Ses cheveux roux, ramené en un chignon, ne tiennent que par l'adresse fantasque de l’insouciance, qui se soucie peu de savoir quelques mèches libres. Il sera toujours temps pour elle, de recoiffer les indociles d'une barrette, avant que ne commence son ballet d'assiette. La peintre porte encore le sourire laissé par un baiser d'homme, lorsqu'elle noue par-dessus sa robe, le tablier. Un sourire qui se perd, cependant, lorsque quittant le vestiaire, elle rencontre la mine sombre de Dante.

    - Dante. Gibt es ein Problem ?

    Sa perplexité, indique aux deux hommes, que l'allemande n'a pas encore pris conscience d'une autre présence, dans la cuisine ou le vestiaire qu'elle vient de quitter. Elle n'a pas non plus remarqué l'assiette brisé. Se reprenant cependant, elle adresse bientôt un signe de tête, ponctué d'un "Monsieur", pour saluer celui qui lui est inconnu.

    - Dois-je rejoindre Salomé en salle ? Ou avez-vous besoin de moi en cuisine ?

    --- ♱ ---

    Suchen

    La peinture est la face visible
    de l’iceberg de ma pensée.
    - Dali

       
    AVENGEDINCHAINS
       

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    Re: Le salon des personnages

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